Un troupeau landais pose ses valises à Bazas

D’immenses terrains à désherber, des animaux brouteurs et des prérogatives tant écologiques, qu’économiques : voilà comment l’éco-pâturage est né. Cette démarche consiste à remplacer les énergies fossiles, employées pour entretenir des surfaces enherbées, par la présence de troupeaux de chèvres ou de moutons. Les bêtes assurent ainsi l’entretien de manière autonome et écologique, CQFD ! Le Sictom du Sud-Gironde a tenté l’expérience cet été sur la commune de Bazas : un troupeau de moutons des Landes a investi l’ancienne décharge réhabilitée au lieu dit « Pirette ».

Dans le perpétuel souci de préserver l’environnement, le Sictom du Sud-Gironde (chargé de la collecte et du traitement des déchets ménagers et assimilés) s’est penché sur la question de l’ancienne décharge réhabilitée au lieut dit « Pirette » : 3,5 hectares de terrain à entretenir. Si l’éco-pâturage a déjà fait son nid dans les grandes villes, à proximité des aéroports par exemple, le Sud-Gironde, quant à lui, compte encore peu de projets de cette nature. « Au départ cela représente un investissement, mais très vite on s’aperçoit que cela coûte moins cher qu’un entretien mécanique et permet surtout de réaliser un geste pour la planète », s’exprime Jérôme Guillem, président du Sictom. Désireux d’envoyer un message écologique fort et de montrer l’exemple, le service public des déchets s’est donc rapproché du berger Gautier Maubaret pour entamer avec lui une démarche d’éco-pâturage.

Des solutions locales pour un avenir durable
Avec sa société EcoGascoha, le jeune éleveur propose ses services d’éco-pâturage en local : « l’idée est de fournir des solutions d’avenir sur le territoire ». À Bazas, ce sont donc pas moins de 45 moutons landais qui occupent désormais le site de l’ancienne décharge. Cette race rustique est particulièrement bien adaptée à la végétation locale. Mais alors, comment cela fonctionne ? « Le but est de garder la végétation au stade herbacée. En jargon botanique, cela correspond au niveau végétal juste au-dessus de la mousse et du lichen », nous explique Gauthier. Pour cela, la végétation va d’abord se coucher suite aux passages répétés des moutons. Ensuite, ils vont manger les plantes à proximité, c’est à dire à 15/20 cm du sol, très appétantes car gorgées d’eau.
Enfin, on aboutira à un cycle de prairie de pâturage classique. « Le troupeau n’a quasiment pas besoin d’entretien, si ce n’est de pouvoir boire quand il le désire ». Pour cela, deux abreuvoirs ont été installés par le Sictom. Pendant les premiers mois, Gautier Maubaret va tout de même passer régulièrement voir ses bêtes pour s’assurer de leur bonne acclimatation. Souhaitons-leur la bienvenue !

Infos : sictomsudgironde.fr – 05 56 62 36 03