Le village

Village

La quiétude se trouve en altitude

Vous avez senti votre cœur brûler lorsque l’incendie de Notre-Dame de Paris s’est déclaré ? On a quelque chose à vous montrer qui devrait l’apaiser. Une excentricité pittoresque, dénichée dans les hauteurs vallonnées de Semens, la commune qui clôture notre série de villages mis à l’honneur cette année.

La voilà ressuscitée : cachée à deux pas de chez vous depuis des années, notre mini Notre-Dame de Paris. « Il est vrai qu’en Sud-Gironde, on a peu l’habitude que nos églises se parent d’une telle façade (rires). De la manière la plus traditionnelle, ce bâtiment religieux a d’abord été construit selon l’architecture romane. Aux alentours de 1860, le mur sur lequel reposait le clocher s’est effondré. Un donateur s’est proposé de financer les travaux… À la condition qu’on la reconstruise en suivant les plans de la célèbre cathédrale, néo-romane. » Ouverte au public chaque dimanche, ce qu’elle abrite est encore plus saisissant que ses extérieurs. D’abord, sa charpente en coque de bateau renversée, ensuite son sous-sol qui n’est autre qu’un premier étage dissimulé. « On s’en est rendu compte en remarquant la position particulièrement basse des meurtrières ! »

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Plus haut que la Dune du Pilat

Dos à l’église, une vue panoramique s’offre à vous depuis laquelle vous pourrez apercevoir le château Malromé, bordés par les vallons de Saint-Germain-de-Grave et de Saint-André-du-Bois. Nichée à 120 mètres d’altitude, la commune s’étend sur 375 hectares. « 65% du territoire est occupé par les vignobles et 30% par la forêt. Avec ce ratio, vous imaginez bien que Semens est un endroit plutôt paisible (rires). » David Lartigau vient d’être élu pour son troisième mandat de maire, mais il est aussi vice-président à la Communauté de Commune du Sud-Gironde, en charge de l’environnement depuis 2020. « La ruralité est une richesse que nos 214 habitant.e.s et moi-même tenons à protéger. » Ni commerce ni service dans le bourg : une situation qui n’est pas un problème pour les semensoises et semensois. « Nous avons tous pris le pli de nous rendre à Saint-Maixant ou à Langon pour faire nos courses ou nous soigner. C’est le prix à inévitablement payer pour profiter d’un calme olympien. Et il me semble que cela nous convient très bien ! »

La reconnaissance de Jean Massieu

Ce nom ne vous dit rien ? Rien, c’est tout ce dont vous avez à rougir, car on vous rassure, nous non plus n’avions jamais entendu parler de cet illustre professeur. « Jean Massieu était sourd et muet. Sous le régime de Napoléon, il fut le premier répétiteur sourd à l’École de Bordeaux. » Et figurez-vous que ce fervent militant pour l’inclusion des personnes atteintes de surdité est né ici, à Semens. « Un professeur retraité de l’Institution des Sourds Muets a un jour poussé la porte de la mairie. C’est lui qui m’a appris la bien heureuse naissance de Jean Massieu sur nos terres ! Il m’a fait part de ses incroyables recherches qu’ils menaient avec son épouse depuis de longues années pour retracer sa vie. » Une plaque à la mémoire de Jean Massieu a été installée devant l’église. Et pour que le grand public puisse découvrir son œuvre, la mairie à laisser tribune libre sur son site Internet au Boudeur d’Omet. (Pour lire Les Causeries, rendez-vous sur le site Internet de la maire, onglet Année Jean Massieu).

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L’associatif pour rassembler et s’entraider

Si Jean Massieu vous était inconnu, l’association semensoise suivante, elle, vous l’avez forcément déjà entendu klaxonner dans les pages de votre magazine. « Nous accueillons Entre 2 Deuches depuis 12 ans maintenant ! » Un club de cyclistes, licenciés à l’UFOLEP et une société de chasse œuvrent également au dynamise de la commune. « Depuis septembre une nouvelle association s’est créée : Hello Semens. Sa présidente tient une maison de formation et elle semble bien décidée à réintroduire la convivialité dans notre quotidien. » Les prémisses se sont déroulées cet été avec l’organisation de repas-concerts. « Dans les petits villages, l’entraide devrait être une priorité. La crise sanitaire et ses isolements nécessaires ont distendu les relations humaines. Le vivre ensemble est une somme d’habitudes à reprendre. Je suis content que nos
citoyen.ne.s s’investissent dans cette mission !
»

Fenêtre sur 2022

« La mairie vient d’acheter un hectare de terrain d’espace naturel, à côté du stade de tennis. Nous travaillons avec le département pour aménager une aire de jeux. » Quant aux aspirations, elles restent inchangées : bienveillance et sérénité pour ce village haut-perché !