Le village de Pompéjac

Village

Un petit coin de Pompéjac,
contre un petit coin de paradis

Faute avouée est à moitié pardonnée, c’est bien ce que dit l’adage ? Si tel est le cas, alors laissez-nous vous raconter notre visite de Pompéjac en débutant par un mensonge. Un simulacre si exquis, qu’il nous est impossible de ne pas vous le susurrer : très tôt le matin, alors que l’air est encore frais, besace à l’épaule et rangers aux pieds, nous traînons notre canoë sur la pente douce qui mène à l’eau. À peine le temps d’enfiler un gilet de sauvetage et de récupérer des pagaies que nous voilà filer sur le Ciron telles des amazones. Si nous aurions aimé arriver à Pompéjac dans cette ambiance tropicale, c’est parce que cela reste le meilleur moyen pour découvrir la somptueuse Hêtraie ou la Métairie du Château de Cazeneuve. Mais la supercherie s’arrête ici. Découvrez le vrai récit de notre expédition et à quel point cette aventure nous a donné des rêves de grande évasion…

Reprenons. C’est donc en voiture que nous sommes arrivés à Pompéjac. Garés sur le parking de la mairie, c’est ici que notre périple commence. Niché dans les hautes herbes du village, le bâtiment est en vieilles pierres. Leur couleur ocre offre un contraste enjôleur avec le bleu dragée des volets en bois qui claquettent sous la légère brise. C’est l’unique berceuse qui résonne en cette matinée. Tout est calme ici. À l’horizon, peu de constructions. Mais de l’espace, de la verdure et des grands arbres. Bien naïf celui qui serait tenté de croire qu’il n’y pas de trace d’Hommes ici. La tranquillité a un prix : la municipalité a acheté plusieurs terrains dans le bourg pour préserver cette nature si paisible et aérée.

En faisant quelques pas, nous tombons nez à nez avec d’immenses lampadaires blancs aux courbes florales. Nous voilà dans la ronde des Ombelles. Cette aire de jeu pour enfants au mobilier artistique donne le ton : à Pompéjac on laisser parler sa créativité. On vous raconte la jolie histoire qui se cache derrière cette « œuvre de jeu » page 5 de votre magazine. En traversant le parc, nous finissons par atterrir sur une terrasse où canapés, foulards colorés et barbecue nous font de l’œil. Comment sommes-nous arrivés là ? La liberté, encore une fois. À Pompéjac, le vivre ensemble est une véritable philosophie de vie que chacun des 260 habitants s’attache à cultiver. Ici, pas de frontière. Si bien qu’une seconde d’inattention suffit pour que vous vous retrouviez chez votre voisin. Nous nous situons donc désormais dans l’antre du Cercle Dou Péis. Cette ancienne auberge, propriété de la Mairie, a été mise à la disposition de Maria Pernon-Garcia, une femme qui rayonne d’ambitions et de projets. À la sueur de son front, de celle des bénévoles de l’association et avec l’aide financière de la mairie, elle a transformé cette vieille bâtisse, en un espace de vie communale pétillant : bureaux et cuisines partagés pour les entrepreneurs, café de palabre pour discuter et réfléchir ensemble et cercle pour une animation culturel toute l’année… En laissant traîner nos yeux ébahis dans tous les recoins de cet endroit féerique, le temps s’est arrêté.

Il est maintenant midi. Le soleil est au Zénith et l’air est devenu lourd. Nous continuons de nous enfoncer en peu plus loin dans la cambrousse. Sur le sol, des traces de pattes. Un sanglier a emprunté cet itinéraire avant nous. Pour réguler leur présence sur la commune, l’association de chasse veille au grain. En alerte permanente sur des problématiques plus larges telles que les incendies et les intempéries et grâce à sa très bonne connaissance du territoire, elle est un acteur majeur de la vie citoyenne de Pompéjac.

Nous empruntons désormais un chemin de randonnée départemental qui nous fait longer le Ciron sur presque 4 km. Nos orteils commencent à être douloureux, mais qu’importe : devant les gorges le spectacle est à couper le souffle. Nous nous réfugions à l’intérieur de la Hêtraie pour trouver un peu d’ombre et de fraîcheur. Des graines sont replantées régulièrement pour maintenir la population de cette forêt. Et surtout, elle s’inscrit dans le Programme Européen des Forêt Certifiées (PEFC) qui garantit une gestion durable se traduisant, par exemple, par la non-utilisation de pesticide. Cette démarche est d’ailleurs appliquée à l’ensemble des espaces verts de la commune.
Il est maintenant 16h. Nous avons arpenté le village toute la journée et la fatigue commence à se faire ressentir. À la sortie de la forêt, un mirage. Pincette. Aïe. Non, nous ne rêvons pas. Là, devant nous, se dresse une aire où nous pouvons installer notre bivouac. Au bord du Ciron, cet espace est dédié aux campeurs ou baroudeurs en quête d’aventures. Équipé de sanitaire et de poubelles, il est l’endroit rêvé pour planter sa tente et reprendre la route sans laisser de trace. Nous décidons de nous y arrêter quelques minutes pour reprendre nos esprits. Allongés dans l’herbe, les doigts de pieds en éventails, nos regards se posent sur une affiche pleine de couleurs, épinglée sur un panneau municipal en bois. En plissant les yeux, on lit « 42ème Hestejada de las arts ». Trompettes, acteurs et pyrotechnie tourbillonnent déjà nos têtes. Le 20 août dernier. Nous avons raté ce rendez-vous, mais en quittant le bivouac, nous nous faisons la promesse d’en être l’année prochaine.

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Chasser le naturel, il revient au galop… pardonnez-nous ce dernier bobard que nous allons vous conter et laissez-nous le privilège de terminer notre histoire comme elle a commencé : à bord de notre canoë. Nous avons rangé les pagaies, nos corps sont fatigués, plus personne n’a la force de parler. Nous nous laissons porter jusqu’à la rédaction. Nos esprits sont restés à Pompéjac.