Coralie Courtiade, mordue de judo et compétitrice invétérée !

joconde

À 25 ans, Coralie Courtiade est passionnée de judo. C’est sur les tapis du dojo de Barsac, son club de judo, que nous avons rencontré cette ancienne sportive de haut niveau. Ses débuts, sa passion, ses blessures, les compétitions, l’arbitrage… Elle nous raconte son histoire avec beaucoup de dynamisme ! Rencontre.

Comment avez-vous découvert le judo ?
Coralie Courtiade : C’est grâce à mon papa, Philippe Courtiade. Il a toujours été passionné par le judo et lorsque j’avais cinq ans, il m’a amené à mon premier cours ! J’ai tout de suite accroché : ce sport m’a beaucoup appris et m’a permis de partager une activité avec mon père. De fil en aiguille, j’ai commencé les premières compétitions en poussin. Les organisateurs nous proposaient des animations et initiations. On devait montrer que l’on maitrisait quelques techniques et on faisait des petits combats. Et je n’ai jamais arrêté…

Pouvez-vous détailler votre parcours de judokate ?
C.C. : Lorsque j’ai eu 14 ans, je suis rentrée au Pôle Espoir de Lormont. Puis au Pôle France de Talence de 15 à 18 ans. Les horaires de cours aménagés nous permettaient d’avoir du temps pour les entraînements. Nous étions sur le tatami environ 20 heures par semaine ! Nous avions un rythme « école-judo-dodo » très intense, mais nous étions tous dans le même bateau… Tous les élèves de ma section étaient internes et une grande solidarité s’est installée entre nous dans ce cadre de vie millimétré. Après avoir passé mon baccalauréat, j’ai décidé d’intégrer la faculté de sociologie. J’ai levé le pied sur le judo, avec seulement deux entraînements par semaine et moins de compétitions. En octobre, j’ai été diplômée d’un master et suis maintenant en recherche d’emploi. En attendant, je travaille dans une boulangerie à Barsac. Et depuis, je m’entraîne aussi au judo club de Barsac avec Guillaume Sevestre et Mayito Gonzalez. Ce n’est pas le club dans lequel j’ai fait mes armes, mais c’est un lieu convivial et familial dans lequel je me sens bien et où j’ai été très bien accueillie. Les entraîneurs sont jeunes, m’apportent de nouvelles techniques de judo ainsi qu’un regard neuf sur ma pratique.

Qu’aimez-vous dans ce sport ?
C.C. : Faire tomber les autres, les compétitions, les entraînements avec mon père, mes amis… Le judo, c’est une sorte de grande famille. Le respect est la valeur qui compte le plus. Respecter les autres, c’est aussi savoir se respecter soi-même. Depuis quelques années, je fais aussi de l’arbitrage lors de compétitions au niveau régional. Cela m’a permis de découvrir de nouvelles facettes du judo.

Pigeon Langon Toulenne

Que ressentez-vous lorsque vous êtes en compétition ?
C.C. : Un mélange de stress et d’adrénaline. J’ai instauré un vrai rituel pour me mettre en condition les jours de compétition. Lorsqu’on arrive, les organisateurs vérifient que nous sommes bien au poids pour combattre dans la catégorie dans laquelle nous sommes inscrits. Et à partir de ce moment, je me concentre, souvent avec mes écouteurs et de la musique. J’ai besoin d’écouter des titres qui bougent, type ACDC… Ça me motive ! Puis je m’échauffe et j’attends mon tour. Juste avant de monter sur le tapis, je sautille sur place, me tapote les cuisses et les joues, comme un guerrier sur le point d’entrer dans l’arène. Et lorsque je suis au centre du tapis face à mon adversaire et que le premier combat débute, je suis dans une bulle et plus rien n’existe autour. Un jour, je me suis déboîtée l’épaule au cours d’un combat. J’ai voulu terminer la saison en me disant que ce n’était pas trop grave. Mais j’ai tout de même fini par me faire opérer et suis restée en arrêt pendant près de huit mois. Cette période m’a semblé une éternité ! J’ai bénéficié d’un très bon suivi de la part des médecins et préparateurs sportifs du CREPS de Bordeaux-Talence (Centre d’Éducation Populaire et de Sport). Ils m’ont permis de reprendre la compétition à mi-saison avec les inter-régions…

Et vous êtes suivie par votre « fan-club »…
C.C. : Oui, mon fan-club familial ! Mon père, aussi judoka passionné, me soutient beaucoup dans ce que j’entreprends vis-à-vis du judo. C’est aussi lui qui me coache lors des compétitions. Il a assisté à chacun de mes combats et m’a transmis conseils et astuces ! Il y a aussi ma mère et mon ami. Ils ne pratiquent pas le judo, mais ils me soutiennent beaucoup.  Malgré les années, ma mère est toujours inquiète lorsque je monte sur le tapis. Elle m’envoie des petits sms comme : «  fais attention, ne te fais pas mal » (rires) ! Je dois dire que je suis très investie dans ma passion et ça me prend beaucoup de temps. Quoi qu’il arrive, ils me poussent à donner le meilleur de moi-même. Ils sont présents dans les bons comme dans les mauvais moments. Ils me donnent beaucoup d’énergie pour me dépasser en compétition. Je veux les rendre fiers…

SoCoo'c Langon

Quel est votre meilleur souvenir de judokate ?
C.C. : En judo, je combats dans la catégorie poids lourds. Chez les filles, cette catégorie comprend toutes celles qui font plus de 78 kilos. Il y a trois ans, lors du Championnat de France à Boé, j’ai eu la médaille de bronze ! Ça a été la consécration de tout le travail et entraînements effectués pendant des années. En catégorie poids lourds, les combats sont plus physiques. Nous devons développer d’autres techniques que les filles qui combattent dans des catégories inférieures… En tout, j’ai participé à une vingtaine de championnats de France. Alors que j’y allais, auparavant, avec la boule au ventre et la rage de gagner, j’y vais désormais toujours avec l’envie de gagner et l’esprit de compétition, mais uniquement pour me faire plaisir. Je me lâche complètement quand je suis en compétition. Cette année, j’ai participé au Championnat de France première division par équipes avec le club de judo de Saint-Médard-en-Jalles. Nous n’étions pas toutes issues du même club, mais nous avons évolué ensemble, en compétition, au Pôle France… Nous sommes très soudées et l’ambiance était super !

Et comment voyez-vous l’avenir ?
C.C. : Je suis une mordue de judo. Même si je ne le pratique plus à haut niveau, c’est une passion qui fera toujours partie de moi. J’ai besoin d’enfiler mon kimono et de monter sur le tatami pour me dépenser. Pour preuve, lorsque les entraînements s’arrêtent pendant l’été, je deviens presque insupportable pendant deux mois ! Je vais donc continuer la compétition et l’arbitrage pour le plaisir et m’investir dans la transmission de ma passion aux judokas en herbe. En février dernier, j’ai validé mon 4ème dan avec l’aide de mon père, qui lui est 5ème dan. Mon objectif est de valider le 5ème dan l’année de mes 30 ans ! Le passage des dans est un examen important dans le judo qui reflète une maturité sportive que nous acquérons au fil du temps et demande beaucoup de travail et d’investissement !

Scierie Labrousse