Le portrait

joconde

Pauline Lagardère,
Cheffe de poste chez Eiffage Route

Diriger des équipes de plusieurs dizaines de personnes, jongler entre la sonnerie du téléphone et le brouhaha des machines, nettoyer chaque jour la grave émulsion qui tapit le fond du malaxeur, embaucher alors que le soleil est à peine levé… Cette liste de travaux herculéens ne peut être accomplie que par un Homme… Et quel Homme : Pauline Lagardère ! Cheffe de poste chez Eiffage Route à Toulenne, elle est en charge de la nouvelle centrale d’enrobage du groupe.

Connaissez-vous le groupe Eiffage ? À la vue de leur célèbre carré rouge, vous nous répondrez à coup sûr par l’affirmative. Depuis 2009, une antenne de l’entité Eiffage Route est installée à Toulenne. Pauline Lagardère est l’une des trois seules femmes évoluant dans cet environnement masculin. On pense très vite « une aiguille dans une botte de foin »…  Mais contrairement à ce que le proverbe laissait présager, nous n’avons pas eu de mal à la trouver ! Toujours réactive et de bonne humeur, c’est dans les locaux qu’elle nous accueille pour répondre à nos questions. Et dès le début de l’interview, alors qu’on l’interroge sur la parité, elle nous prend de court. « Le BTP est un métier physique, les hommes y sont forcément plus représentés. En revanche, il ne leur est pas réservé. Au quotidien, mon genre importe peu mes équipes ! Pour être efficace, on ne s’attache pas à savoir si l’employé est un homme ou une femme, seulement s’il est consciencieux. Et sympathique (rires) ! On est une grande famille ici. »

P1010109

Aux racines
De cette grande famille, Pauline en fait partie depuis douze ans déjà. C’est en 2007 qu’elle débute chez Eiffage avec un poste dans l’administratif. « À l’époque, l’entreprise était encore située à Cadillac. Dans le fief historique de Sattanino. » Eiffage fonctionne sur le rachat d’entreprises : le groupe a donc racheté la firme cadillacaise dont il a conservé les locaux, dans un premier temps, avant de s’étendre et investir dans de plus grandes surfaces de travail. Assez grandes pour y installer sa propre centrale d’enrobé ! Et devinez qui a été choisi pour chapeauter ce projet ? On vous le donne en mille. « Cela fait maintenant un an que la centrale a nettement développé le volet de mes responsabilités chez Eiffage. » À Toulenne, c’est 400 tonnes de grave émulsion qui sont produites chaque jour ! On ne sait pas ce que vous en pensez, mais nous on se dit que Pauline euphémise quand elle parle de responsabilités… Mais elle est comme ça : le défi ne l’effraie pas. À tel point que quand on la voit vérifier la conformité d’un produit fini à l’œil nu, on se demande si, en réalité, ce ne serait pas plutôt des supers pouvoirs que la jeune femme posséderait.

Couteau suisse, bien (af)futé
Après trois années de service administratif, Pauline s’est vue confier la coordination des chantiers. « Dans notre jargon, on appelle ça le dispatch planning matériel. J’avais en charge la préparation des chantiers, la livraison de matériel sur chacun d’entre eux, veiller au respect des délais, des normes de sécurité… » Aujourd’hui, si cela correspond encore à une partie de ses missions, les journées de Pauline ont désormais un autre visage  « Un visage un peu cerné par le réveil aux aurores (rires). Les horaires varient selon les chantiers, actuellement mes journées débutent à 5h30. Après un – ou deux – café, je prépare la centrale : j’introduis les différents granulats dans les parcs, j’entre la formule dans l’automate et je lance la production. » La jeune femme est devenue cheffe de poste. Gestion des stocks, facturation, commandes… Autant de nouvelles compétences qui viennent accroître sa polyvalence. « J’ai fait le tour de chaque poste, c’est comme ça que j’ai gravi les échelons. Je suis fière de ce parcours, ça me permet d’avoir une connaissance à chaque étape de la chaîne et de savoir de quoi je parle. » Une assurance rassurante qui fait de Pauline une véritable cheffe d’orchestre sur laquelle les salariés n’hésitent pas à s’appuyer !

P1010128

À bonne école
Native de Bazas, Pauline y a suivi sa scolarité jusqu’au collège. Elle a ensuite obtenu son BEP au Lycée Jean Renou à La Réole avant de partir à Bordeaux pour ses études supérieures. « J’ai fait un Bac Pro Services et Ventes de services en alternance dans une entreprise de taxi bazadaise, spécialisée dans le transport de personnes à mobilité réduite. Les personnes que j’ai rencontrées étaient malades et pourtant, elles avaient toujours le sourire aux lèvres. Ça a été une super expérience, qui fait relativiser et inculque de solides valeurs. C’est d’ailleurs ce qui a développé mon goût pour le contact humain. » Avec ce bagage rempli, on oublierait presque que Pauline a à peine vingt ans lorsqu’elle obtient son diplôme. Mais qu’importe, la jeune femme rêve déjà d’indépendance. Dès qu’elle touche son premier salaire, elle s’installe dans un appartement à Langon. Elle effectue des travaux saisonniers dans les vignes et des contrats intérim dans la manutention. On ne vous avait pas menti, Pauline n’a jamais eu froid aux yeux. Une force de caractère qui lui sert encore aujourd’hui. « La patience, l’anticipation et la débrouillardise sont des choses que la vie m’a apprise. Et aujourd’hui, elles se transforment en qualités indispensables dans mon métier. »

Conscience professionnelle et esprit libre, combo gagnant
Si au travail, la rigueur est de mise, une fois la journée terminée c’est en musique que Pauline aime décompresser. Elle troque le casque antibruit pour ses écouteurs. « Mon bureau se situe, littéralement, dans la centrale. Impossible d’écouter autre chose que le grondement des machines. C’est donc un plaisir que je m’octroie à l’extérieur. » Ne voyez donc aucun hasard dans le prénom dont elle a affublé son chien : Jazz, un boxer fauve. Fidèle compagnon de route, il suit Pauline et son compagnon – de vie – partout à travers leurs voyages. « Lorsque l’on s’en va sillonner la France l’été, il est toujours de la partie ! L’île d’Oléron, l’île de Ré, la côte Atlantique et méditerranéenne, mais aussi le fin fond du Portugal et de l’Espagne… Il a vu un peu de pays (rires) ! » Aussi, si au mois d’août, vous avez croisé sur les routes un van. Un van empli de trois compères, deux devant et un derrière. Sifflotant en concerto des mélodies qui s’échappent – un peu trop fort – du poste de radio. C’étaient Pauline et sa petite tribu. Ils vous sont passés sous le nez, direction les vacances d’été !

EIFFAGE ROUTE
Route Jean Blanc, 33210 Toulenne
05 56 62 15 50 – eiffageinfrastructures.com/eiffage-route