Le portrait

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Annelie et Jean-Charles Darroze, coup de foudre à Bournemouth

Une étoile. Extirpée du ciel, après deux années à la regarder étinceler sur d’autres cieux. Maintenant décrochée, elle illumine des plats traditionnels et épurés, sceaux du bouillonnement qui anime le couple. Elle scintille aussi dans leurs yeux. Des yeux amoureux, qui se disent je t’aime dès qu’ils se coudoient, et qui ne manquent jamais de témoigner malice et sympathie aux hôtes qui prennent place à la table de leurs restaurants. Le Sud Girondin rembobine le film.

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Chapitre 4 : dix ans aux commandes de la Maison Claude Darroze
Point aisé de faire sa place dans une affaire familiale à la réputée sonorité. C’est à coups de rénovation, changement de décoration et d’ouverture sur l’extérieur que notre couple a redessiné les traits de l’établissement langonnais. Rajeuni, modernisé et toujours familial, il leur ressemble désormais. D’ailleurs, dans la salle de réception, vous y trouverez une immense aquarelle dont vous reconnaîtrez la couleur, celle de leurs iris rieurs. Pour tenter la comparaison, la Maison Claude Darroze est leur carte d’identité. Leur passeport ? Le restaurant Adèle. Témoin tangible des voyages, rencontres et de l’acculturation qui les a façonnés, il est lové au cœur du Château Malromé, à Saint-André-du-Bois. La cuisine proposée est une cuisine du monde, comme un clin d’œil à la vie de route qu’il leur fait désormais dos. Fermé en hiver, Adèle rouvrira ses portes à l’occasion du brunch de Pâques, le second week-end d’avril.

Chapitre 3 : la parentalité
Nos jeunes mariés sont devenus parents. Clémence à trois ans. Sa grande sœur, Valentine, sept. Si les licornes envahissent le quotidien de la famille, il reste toujours une place pour le rugby. Avant de s’instiguer comme rendez-vous dominical pour éveiller la couvée, cette discipline a agité le palpitant du papa pendant plusieurs années. Entre deux cousinades, les filles n’échappent pas à une éducation alimentaire équilibrée et raisonnée. Le souhait de chaque parent pour son enfant nous direz-vous. Nous en convenons. Mais nos deux restaurateurs y mettent un point d’honneur, par déformation professionnelle, peut-être, et surtout par extension du concept de « bonne cuisine ». Il induit convivialité et partage. En gravitant autour de leur métier depuis le début, ces valeurs se sont muées en héritage. Si leur progéniture occupe désormais le devant la scène, en coulisse, leur carrière continue de prendre du galon. D’abord, l’ouverture de la pâtisserie Sweet Valentine à Langon avec Mathieu Vidal (désormais seul aux manettes), puis, le lancement de leur activité traiteur suite aux sollicitations de clients concernant l’organisation de soirées privées. Que voulez-vous, nos époux ont le sens de la tablée.

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BNS

Chapitre 2 : l’exil en Irlande
Qu’on la nomme existentielle, d’adolescence ou de la quarantaine vous savez qu’une crise vous fait face lorsque le globe terrestre en plastique qui tournoie sur votre bureau est en train de déterminer, le plus sérieusement du monde, votre prochain lieu de vie. Avec un (ou plutôt deux) sac à dos, les tourtereaux s’envolent pour Cork en Irlande. Arrivés au mois de novembre, ils sont déjà invités à passer les fêtes de Noël chez des « amis ». Inutile de nous étaler sur la solidarité des Irlandais, vous avez saisi. Des auberges de jeunesse à la vie en colocation, le duo s’acclimate sans mal à un mode de vie festif et convivial. Non qu’ils soient des oiseaux de nuits, mais plutôt de bons vivants sachant apprécier l’instant. Deux ans de concerts, soirées entre amis et arpentage du pays au rythme des petits boulots qu’ils dégotent. Pour notre interviewée, Cork restera le lieu où elle a décroché son premier poste de manager : au Café Bar Deli. Sept-cents couverts à la journée, autant vous dire ça a… Dépoté !

Chapitre 1 : la folie du pub anglais
À la période estivale, c’est un coup de cœur pour la ville de Langon qui rapatriera le couple en France. Trois années où elle y apprendra le français pendant qu’il forgera ses armes en pâtisserie au restaurant Darroze. Mais avant de flâner dans celles de Bordeaux, ce sont dans les rues de Londres que vous pouviez, à l’époque, croiser nos jeunes épris. Un copain français et cuisinier s’est proposé de les héberger pour deux mois. Cela leur a laissé le temps de, respectivement, décrocher un poste de maître d’hôtel au Putney Bride, pour lui, et de serveuse dans le bar à cocktails attenant, pour elle. Notez que la dame parle allemand. Lorsque Chelsea affronte le Bayern Munich et que le pub à côté du Stade est à la recherche de bras pour assurer la soirée, l’alignement des planètes est parfait. Elle est embauchée en tant que serveuse. Monsieur rejoint l’équipe quelques semaines plus tard, il en devient le manager. Tous les deux apprécient l’ambiance londonienne qui règne au Fulham Bar. Dire qu’ils se tuent au travail serait impropre, appelons cela de la passion. Lorsqu’ils ne travaillent pas, c’est dans leur 40m2, qui engloutit leurs économies, qu’ils se terrent : installés confortablement sur le canapé, devant la télé, partis pour de longues soirées ciné. N.B. Le vidéoclub du dessous offre un DVD d’un grand classique pour un DVD loué…

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Préambule
Au sud de l’Angleterre, dans la ville de Bournemouth, deux lycéens fraîchement diplômés viennent d’intégrer une école de Langues. Tous deux cherchent à améliorer leur anglais. Elle, est née à Berlin. Lui, a grandi dans les Landes. Assise juste devant son nez pendant les cours, il la toise. Pour s’exercer à prendre la parole, les élèves sont envoyés en immersion dans différentes structures. Un immense camping va accueillir notre adolescent et… Oh ! Surprise, son pendant féminin également. « Youhou ! » Son cri de joie annonce le début de leur histoire : le coup de foudre d’Annelie et Jean-Charles Darroze.