Fabrice Caillias, imprimeur depuis 1987

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fabrice caillias

À la tête de l’imprimerie langonnaise Sodal, Fabrice Caillias vous ouvre les portes de son univers. Il vous parle de son métier d’imprimeur, des challenges qu’il relève au quotidien, de l’évolution de son entreprise, de son nouveau parc machines, de son équipe… Mais aussi des valeurs, de la philosophie, du savoir-faire et de la vision éthique et responsable portés par l’imprimerie Sodal ! Rencontre avec un sud-girondin au parcours atypique.

Parcours atypique, car c’est à 17 ans que Fabrice Caillias s’est lancé dans le métier d’imprimeur. « Au lycée, j’étais un élève peu concerné et c’est au cours d’une des nombreuses visites effectuées au sein de l’imprimerie de mes cousins, la famille Lados, que j’ai pris la décision de me lancer dans la vie active. Comme le dit ma mère, si mon cousin avait été boucher, peut-être que j’en aurais fait également mon métier », raconte Fabrice Caillias avec amusement. Il quitte donc le lycée après son année en classe de première et entame un apprentissage à la Sodal. Deux ans plus tard, il fera ses débuts officiels en tant que salarié au poste de monteur-incorporteur-copiste. « C’est l’ancêtre des plaques que l’on appelle aujourd’hui CTP (Computer To Plate) que nous gravons et utilisons pour les impressions », explique-t-il.

À l’origine, Fabrice Caillias souhaitait devenir photographe et a trouvé, dans le métier d’imprimeur, des similitudes avec cette discipline. « Lorsque j’ai commencé, à la fin des années 1980, nous réalisions encore tout un travail en laboratoire. Prises de vue, mise en page à la main, montage, réalisation des films en chambre rouge… Cela s’apparentait grandement au développement de la photographie argentique. » Arrivé à une époque de changement dans le métier de l’imprimerie, Fabrice Caillias s’est rapidement adapté à son environnement et s’est vu confier l’installation du parc informatique de la Sodal avec la création du studio PAO (Publication Assistée par Ordinateur). « C’était les débuts de la mise en page assistée par ordinateur. Nous sommes rapidement passés d’un métier manuel à des tâches ou l’outil informatique devenait essentiel. Participer à cette évolution m’a beaucoup enrichi, permis de participer à une évolution importante de l’entreprise et a été une expérience très gratifiante ! » Il a donc connu la transition et l’évolution des métiers liés au pré-presse.

Plein de ressources et ne tenant pas en place, il prend ensuite les rênes de l’atelier en devenant responsable de production. « J’avais pour mission de manager l’ensemble de l’équipe technique de l’atelier : PAO, impression, façonnage… Je me suis découvert un goût pour le management. Faire progresser mes équipes, les accompagner, tirer le fruit d’une organisation améliorée… Quand je suis entré à la Sodal en 1987, nous étions sept. Aujourd’hui, nous sommes une trentaine », poursuit Fabrice Caillias. Il a ensuite enfilé une casquette commerciale, été au contact des clients… Jusqu’à reprendre le flambeau suite au départ d’Alain Lados, le fondateur de l’entreprise. « La transmission s’est effectuée en douceur entre les années 2000 et 2007. »

D’ailleurs, sauriez-vous trouver l’origine du nom « Sodal » ?

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Gestion de la clientèle, mais aussi des ressources humaines, suivi des projets… le quotidien de ce chef d’entreprise n’est pas de tout repos « Ce qui me plait, c’est le relationnel. J’ai besoin d’être avec mes équipes au sein de l’imprimerie, j’adore aller au bureau. Cela me permet d’être en phase avec l’entreprise, suivre les évolutions, résoudre les problématiques diverses qui se posent à nous au quotidien ! »

À contrario, la partie la plus difficile à gérer réside essentiellement dans le respect des délais. « L’inquiétude de la panne qui peut survenir à tout moment, un transport qui se passerait mal, et ce, malgré toutes les précautions que nous aurions prises… Nous avons des travaux récurrents et réguliers. Lorsque nous imprimons un hebdomadaire (ou un mensuel tel que votre magazine Le Sud Girondin), nous avons à cœur de livrer un travail de qualité en temps et en heure. Le jour de parution, je sais que Philippe Alba arrive dans nos ateliers à 8h le lundi récupérer ses magazines, et pas 8h01 (rires). »

Et pour ce faire, Sodal s’est récemment dotée de nouveaux équipements qui viennent renouveler le parc machines. Une machine offset XL 106 robotisée, un massicot, une plieuse ainsi qu’une CTP (Computer To Plate) ont pris possession des lieux cet hiver. « C’était un projet global. Nous évoluons sur un marché très concurrentiel. L’idée était de nous offrir de nouvelles marges de manœuvre pour rester compétitifs. Cette machine offset nous permet d’aller chercher des projets impliquant des tirages plus importants, des magazines et livres à plus forte pagination », explique Fabrice Caillias. Hormis l’objectif de rester compétitif, le matériel ne pouvant être le seul élément de réussite, l’entreprise a pu compter sur ses équipiers qui ont adhéré au projet. « C’est un challenge qui implique tout le monde et je remercie vivement mes salariés qui m’ont fait confiance et m’ont suivi dans ce changement qui nécessitait une forte remise en question. La pérennité de l’entreprise passait par cet investissement ! »

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Comptoir Lumiere

Le métier d’imprimeur a beaucoup évolué. Il est devenu hautement technologique et a radicalement changé en seulement une dizaine d’années. De plus en plus automatisées, les machines sont à commandes numériques et requièrent un réel savoir-faire. « L’intervention humaine est, certes, moins importante, mais cela ne veut pas dire que c’est à la portée de tout le monde. Nous organisons régulièrement des formations au sein de l’entreprise pour que nos techniciens soient à la hauteur de la tâche, et ils le sont ! » Les quatre ou cinq dernières recrues ont, par exemple, été formées en interne. La polyvalence est indispensable sur certains postes, notamment au façonnage. Aujourd’hui, un massicotier peut aussi être encarteur-plieur…

« Un beau touché papier, un visuel à matière… Il n’existe rien de plus exaltant ! Bon nombre de nos clients nous confient des réalisations haut de gamme. C’est très valorisant pour les hommes et les femmes qui constituent nos équipes. Cela nous permet de sortir des sentiers battus… », précise Fabrice Caillias. Mais il est primordial pour Sodal, d’évoluer de façon respectueuse vis-à-vis de l’environnement. L’imprimerie est une industrie « salissante » ! « Nous devons de ce fait agir en conséquence. Nous sommes labellisés PEFC, FSC et Imprim’Vert. Ces labels nous ont poussés à devenir responsables de nos actes en mettant en place des process que nous utilisons désormais au quotidien. » Papiers souillés, chiffons sales, plaques gravées, encres… Tout est trié afin d’être recyclé ou traité. Cette conscience écologique passe aussi par l’achat du papier, qui se fait uniquement via des productions européennes et responsables. Comme l’exprime clairement l’identité de l’imprimerie Sodal, « aujourd’hui, imprimer ne suffit plus ».

La réponse à notre petite devinette… Sodal est l’anagramme de Lados (nom du fondateur de l’imprimerie) !

AMS-AV