L’incroyable histoire de Jean-Christophe Cocault, votre caviste à Langon

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On dit que les chats ont sept vies. De l’allure féline, Jean-Christophe Cocault n’a hérité que de la moustache impeccablement peignée. Et pourtant, si vous l’avez déjà rencontré dans sa boutique à Langon, sachez que l’homme qui se tient devant vous n’est certainement pas le même qu’il y a dix ans. Ce dont on vous parle, c’est d’un bouleversement. Une prise de conscience si intense qu’elle a balayé d’un souffle le quotidien de Jean-Christophe pour le pousser à tout reconstruire. Quelques mois plus tôt et c’est le portrait d’un banquier que ces lignes auraient esquissé. Aujourd’hui, c’est le caviste qui a accepté de dévoiler un peu de son intimité.

« Je m’occupe de madame et je suis à vous », nous lance très poliment Jean-Christophe Cocault à notre arrivée. Il est presque onze heures et nous sommes un peu en avance. Pendant qu’il aide une cliente à composer une sélection de bières pour faire mouche à un anniversaire, nous observons la scène. Jean-Christophe est tout de noir vêtu. Élégant. Par-dessus ses vêtements, il porte un tablier à la manière des grands sommeliers. Classe. Les cheveux gominés, pas une mèche ne dépasse. Tout est maîtrisé. Jean-Christophe est dans son élément c’est certain. À l’entendre parler du rhum cubain, on dirait qu’il exerce ce métier depuis des années. Et c’est finalement nous qui nous retrouvons décontenancés : InterCaves a ouvert l’été dernier. En bons rédacteurs, nous nous sommes renseignés sur la carrière de l’homme et, il y a encore quelques mois, ce sont les mots « prêt », « placement » et « épargne » qui rythmaient sa vie. Jean-Christophe était banquier. Le déroulé de notre papier semblait écrit d’avance, on imaginait déjà son titre : « Il quitte le monde des banques pour se recentrer sur ses valeurs ». Mais le nez dans la cave, nous sentons bien que nous n’y sommes pas… Le bolduc se frise. Le trio de bières bio devrait faire son petit effet. Cliente remerciée, ni une ni deux, nous assaillons notre portrait du mois, piqués par la curiosité !

Jean-Christophe, les clichés ont la vie dure et nous devons le reconnaître, nous n’en avons pas été exempts : nous nous attendions à rencontrer un ancien banquier voulant se reconvertir, mais on constate que vous semblez déjà vous y connaître et bien plus que nous l’aurions imaginé…
Jean-Christophe Cocault :  « Ah ah, vous êtes tout excusés ! Les apparences sont trompeuses, car, en effet, j’ai été banquier pendant dix ans et c’est bien pour vivre ma passion que je me suis reconverti en caviste. La subtilité réside dans le fait que j’aimais mon métier, donc, on ne peut pas me qualifier de « blasé de la finance » et que ma passion pour les spiritueux ne date pas d’hier… On ne peut alors pas non plus m’affubler l’étiquette de novice. »

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Vous faites tout pour brouiller les pistes. On sent que l’on avance sur des œufs et pour tout vous dire, nous sommes bien incapables d’émettre une hypothèse sur ce qui a pu faire basculer votre vie.
J.-C. C. : « Allez je vous aide. Depuis petit, je me prédestinais à une carrière de commissaire de police. Pour y arriver, j’ai suivi un cursus de droit. À l’obtention de mon Master, j’ai tenté les concours d’inspecteur et de commissaire. Comme je me trouve devant vous aujourd’hui, vous vous doutez bien des résultats (rires) ! À l’époque, je vivais déjà avec ma femme Julie et il fallait que l’on commence à gagner notre vie. C’est à ce moment que je suis entré dans le milieu de la banque. Mon père travaillait à la Banque de France, j’avais déjà quelques notions. J’ai commencé au poste de conseiller, à l’accueil du Crédit Agricole. Rapidement, j’ai gravi les échelons, beaucoup voyagé et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, dix ans sont passés. Dix ans pendant lesquels ma femme et moi avons mené un combat pour fonder une famille. Combat dont nous sommes sortis victorieux avec la naissance de Maxime en 2014, et avec beaucoup de surprise, mais tout autant de bonheur, celle de Jaymie deux ans plus tard. Tout se passait pour le mieux, j’adorais la partie relationnelle de mon travail, même si le nombre de dossiers à traiter commençait à empiéter sur ma vie de famille. Puis, j’ai perdu mon oncle. Quelques mois plus tard, c’était mon cousin qui s’effondrait dans les bras de ma mère, terrassé par une crise d’asthme à 30 ans. »

On imagine qu’ils vous étaient chers…
J.-C. C. : « Leur disparition m’a mis une claque. Pendant six mois, j’étais totalement déconnecté et au travail c’était très compliqué : le système bancaire m’était devenu insupportable. Je vous l’ai dit, je chérissais la relation que j’entretenais avec mes clients, mais vendre pour faire du chiffre, je n’ai jamais pu. Durant cette période, ma femme a été un roc pour moi. Elle m’a poussé à aller vers ce que j’aimais : le domaine du vin et des spiritueux. Et ce que j’aime par-dessus tout, c’est partager cette passion. À tel point que j’en ai contaminé ma sœur. Notre cocktail fétiche, c’est le mojito. Pour ses 25 ans, je lui en ai préparé un immense, de 15 litres ! Mais je divague (rires). Pour en revenir à ma femme, ce qui a terminé de me convaincre de changer de vie, c’est sa famille : viticulteurs et œnologues depuis plusieurs générations, entre Saint-Michel-de-Rieufret et Landiras. En décembre 2018, je signe une rupture conventionnelle. Ensuite, tout va très vite : je monte moi-même mon bilan prévisionnel, me tourne vers la franchise InterCaves, car elle m’offre un droit de regard sur la sélection de mes produits à hauteur de 25%, ce qui est énorme, et enfin, plusieurs banques sont prêtes à me suivre sur le projet. Clin d’œil du destin, cette nouvelle aventure démarre avec le Crédit Agricole. »

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Les pierres s’imbriquent enfin. Désormais nous arrivons à tracer un trait entre billets de banque et bouteilles de vin. Mais un point reste à relier : pourquoi Langon ?
J.-C. C. : « Après le décès de mon cousin, nous avions besoin de retrouver un cocon familial. Nous vivions à Aix-en-Provence et nos proches, en Sud-Gironde. Mon travail était notre seule attache, alors la décision de se rapprocher de notre famille s’est imposée d’elle-même. Puis, sur un second plan, Langon est à mes yeux le bon compromis entre la métropole de Bordeaux et les villages ruraux. Elle est en plein développement et l’ambiance qui y règne reste familiale. C’est cette proximité, que j’avais avec mes clients au Crédit Agricole que je voulais reproduire dans ma boutique ! »

Pari réussi : on se sent comme à la maison en entrant chez InterCaves Langon.
J.-C. C. : « Les clients m’ont fait confiance dès le début et je leur en suis vraiment reconnaissant. Les animations que je propose à la cave tous les quinze jours ont permis d’instaurer ce climat convivial. Se rencontrer, échanger et partager autour d’une passion commune, je trouve ça génial ! Au mois de novembre, vous pouvez d’ailleurs noter plusieurs rendez-vous : dégustation du beaujolais nouveau du jeudi 21 au samedi 23 avec buffet campagnard, les promotions du Black Friday le vendredi 29 et le samedi 30 vous pourrez venir rencontrer les propriétaires du champagne A.R Lenoble. »

Les clients commencent à affluer, nous allons vous laisser retourner travailler. Un rapide survol de vos produits pour tous les malchanceux qui ne vous connaissent pas encore ?
J.-C. C. : « Il n’est jamais trop tard pour faire quoi que ce soit, je crois que j’en suis la preuve n’est-ce pas ? (rires). Dans ma cave, vous trouverez des vins de Bordeaux (Sauternes, Graves, Médoc…) et de Bourgogne (Côtes de Beaune, Chablis…), des vins blancs, secs et moelleux, mais aussi des vins étrangers et plusieurs rosés. J’ai bien évidemment une large sélection de bulles allant du Crémant de Bordeaux au Champagne et enfin, mes préférés, les spiritueux. C’est ma spécialité, alors si vous avez des questions, n’hésitez pas. Et j’allais presque oublier le rayon des bières ! Où je mets à…»

Pas le temps de terminer sa phrase, le devoir l’appel. On s’en charge pour lui : pour vos évènements, Jean-Christophe met à votre disposition des tireuses à bières. Quand il vous dit qu’il aime ses clients…

InterCaves Langon
Zone commerciale Moléon – 33210 LANGON
05 57 36 63 59
langon.intercaves@gmail.com
langon.intercaves.fr

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