La rédaction sur le mascaret

Nous arrivons à 18h sur notre lieu de rendez-vous sur les bords de la Garonne à proximité de  Langoiran avec Joël (un des précurseurs), Pascal, Sandrine et Fabrice (mon guide) du club de canoë kayak de Bommes Nautique. C’est le calme avant la tempête, pas un bruit, le soleil brille, la température doit avoisiner les 28 degrés, le cours d’eau est lisse, à peine distingue-t-on les vestiges de boue sur les berges du Mascaret remués de la veille…

Les canoës sont prêts, nous embarquons et descendons la Garonne pendant une trentaine de minutes pour aller à la rencontre de la fameuse vague accompagnés, par-ci par-là, de quelques aigrettes et hérons. Les astres nous préparent un coefficient de marée autour de 110, idéal pour vivre un grand moment sur l’eau (et je l’espère bien calé dans mon bateau !) ; ce phénomène naturel se manifeste au moment des nouvelles et pleines lunes. Cette vague remonte la rivière et est plus ou moins importante en fonction du coefficient de marée.

Aujourd’hui, cela s’annonce fun !
Les anecdotes fusent autour de moi, bientôt nous rejoignent, pirogues, stand-up, surfs et embarcations de tous genres. Nous nous arrêtons sur une berge et nous attendons patiemment, nous scrutons l’horizon et écoutons, à l’affût du bruit de la déferlante qui ne devrait pas tarder à arriver. La voilà devant nous qui arrive, submergeant les deux rives de la Garonne, roulant les graviers et galets.

La vague prend forme, grossit ; nous quittons la berge pour trouver la bonne place au milieu du lit de la rivière parmi les autres embarcations, Fabrice Pradalier, notre skipper du jour, prêt à pagayer, l’attend de pied ferme. ça y est, elle est sur nous ; nous sommes dessus, bien calés sur son sommet et nous glissons, glissons… Fabrice dirige le canoë, rectifie la trajectoire, me crie des ordres  sur ma position à tenir et nous continuons à voler sur la vague sur plus de 800 mètres à près de 17 km/h. Quelles sensations fabuleuses, le bruit des remous, l’eau qui nous entoure et se jette sur nous. Plouf, le canoë s’est retourné et nous avec. Le Mascaret a été le plus fort. Nous remontons et continuons en prenant les petites vagues suivantes pour revenir à notre point de départ sans embûches. C’est l’heure de retrouver les autres copains d’aventure du jour pour se  raconter et revivre la fameuse descente. Pour certains, ce sera encore demain à 7h le matin ou encore jeudi soir. C’était Le Mascaret un mardi 11 septembre 2018 sur la Garonne aux alentours de 19h.